Critère « parlant » pour le grand public en raison de sa simplicité apparente, la capacité aéroportuaire (flux d'avions ou de passagers que l'aéroport est en mesure d'écouler) est devenue l’un des éléments forts du débat sur l’aménagement et la planification aéroportuaire. Les études de capacité peuvent avoir diverses finalités :

  • Dans le cadre de la planification de l'infrastructure, elles servent à l'établissement des documents de prévision et régulation à long terme et permettent de juger de l'opportunité de projets d'investissements à court et moyen termes (nouvelles pistes, voie de dégagement ou de service, création d’aires de stationnement, etc.).
  • S'agissant de la coordination des aéroports, elles sont effectuées en application de la réglementation communautaire. Dans ce cas, l'étude vise à déterminer s'il est possible ou non, dans un délai très court (inférieur à 6 mois), de pallier une saturation aux heures de pointe en aménageant les horaires des vols. Elle doit permettre, le cas échéant, de déterminer la capacité dite « de programmation » disponible pour l'attribution des créneaux horaires.
  • Les études peuvent également diagnostiquer les évènements entravant la bonne fluidité du trafic (croisements, sens de circulation, emplacement des zones de dégivrage, gestion des parkings, espacements dus aux turbulences de sillage, etc.).
  • Elles peuvent servir à connaître l’impact environnemental de la circulation au sol et dans l’espace aérien, en calculant les consommations de carburant ou/et les émissions de polluants.
  • Enfin, une étude de capacité peut fournir une aide à la décision lors de choix de projets de construction d’un nouvel aéroport.

La capacité peut ainsi être avancée pour contester ou à l’inverse soutenir le bien-fondé d'un projet. C'est aussi un argument commercial de poids dans la compétition que se livrent les principales plates-formes. Par exemple, la capacité de développement figurée par la différence entre la capacité maximale et le trafic actuel d’un aérodrome est un potentiel qui peut attirer une compagnie souhaitant développer un hub.

La capacité aéroportuaire est également un paramètre déterminant du projet de développement de l'aéroport. C'est en effet la constatation que la capacité actuelle ne suffit pas à absorber le trafic connu qui déclenche de nouveaux investissements. De même, c'est la comparaison entre l'évolution de la capacité et la prévision de trafic qui permet de programmer les investissements à venir. Le calcul de capacité intervient donc en amont de tout projet aéroportuaire important - avec les études techniques, d'environnement et financières - comme critère de la décision d'opportunité d'engager des investissements.

La capacité aéroportuaire peut également être utilisée pour montrer que seule une coordination des vols est en mesure, dans un délai très court (mise en place d'un hub, par exemple), de permettre un accès satisfaisant de compagnies aériennes à un aéroport.

Exprimé de façon simple, le critère de capacité doit cependant être présenté avec précaution. Il convient en particulier d'éviter trois écueils principaux :

  • « Les hypothèses ne sont-elles pas excessivement simplifiées ? » Les paramètres constitutifs de la capacité aéroportuaire sont nombreux et complexes. Il convient de vérifier que l'ensemble des paramètres locaux a été pris en compte, et en particulier on ne doit pas se satisfaire d'une estimation basée sur la seule description des infrastructures.
  • « Les résultats présentés sont-ils vraiment comparables ? » Il faut distinguer plusieurs types de capacité : théorique, opérationnelle, déclarée.
  • « La relation entre trafic de pointe horaire et trafic annuel est-elle connue ? » On ne passe pas de façon uniforme d'une capacité annuelle (généralement exprimée en nombre de passagers par an) à une capacité horaire de pointe (généralement exprimée en nombre de mouvements d'avions par heure).