ADEME

Guide pour l'évaluation et le suivi de la qualité de l'air
au sein et dans l'environnement d'une plate-forme aéroportuaire

Etape 2 : Quelles techniques ?

En savoir plus sur les emplacements de mesures

Les emplacements de mesures doivent être soigneusement choisis afin d'apporter la meilleure représentativité spatiale sur l'aire d'étude. Ils doivent être déterminés après une première analyse de la répartition spatiale des sources potentielles et de la météorologie locale. On recherchera effectivement à mettre des points de mesures là où l'on s'attend à ce qu'il y ait des problèmes de pollution.

L'emplacement d'un capteur doit ainsi répondre à un objectif particulier d'observation. Il peut être utile de se référer à la classification établie par les AASQA pour les critères d'implantation de leurs stations de mesures :
  • Stations "régionales" : elles doivent être représentatives d'une "région" donnée au sens climatologique du terme, c'est à dire représentatives des différents flux météorologiques arrivant sur une zone donnée. Les polluants sont d'origine naturelle ou dus aux transports sur de longues distances (plusieurs centaines de kilomètres).
  • Stations "locales" : elles servent aux études d'un site industriel, d'une agglomération,... Elles sont donc essentiellement soumises aux impacts des sources anthropiques locales.
  • Dans la grande majorité des cas de mesures sur une plate-forme, seule la classe 'station locale' sera utilisée. On peut imaginer rechercher à déterminer d'une part la pollution de fond sur la plate-forme (c'est-à-dire en s'éloignant de toutes sources spécifiques d'émissions sur la plate-forme) et d'autre part la pollution de proximité en différents points exposés aux activités de l'aéroport (en bordure de piste, en bordure de voie circulée, à proximité d'une chaufferie,…)

    Il existe deux grands types de méthodes de mesure :
    - des méthodes manuelles (type tubes passifs) faciles à mettre en œuvre et de faible coût d'investissement,
    - des méthodes automatiques (type analyseurs des camions laboratoires) plus onéreuses mais plus sophistiquées et permettant l'établissement de réseaux de surveillance continue.

    Modalités pratiques

    Les tubes passifs

    Les tubes passifs sont légers et se disposent aisément car ils s'adaptent facilement au support en place et ils ne nécessitent ni d'électricité ni d'abri tempéré.

    Dans le cas où le dispositif métrologique choisi permet l'implantation d'un grand nombre de capteurs, il est nécessaire d'adapter sa stratégie de mesure aux contraintes du terrain et aux besoins descriptifs de l'étude. On peut par ailleurs envisager de faire des mesures par transect ou des mesures par des points isolés.

    Cas des transects

    Un transect est un dispositif constitué de plusieurs capteurs (tubes passifs, bio-indicateurs) positionnés à différentes distances de part et d'autre d'une source de pollution mobile (pistes, routes,…) et à la perpendiculaire de la direction principale de l'infrastructure.

    Ce dispositif permet d'évaluer la dispersion du polluant aux abords de la dite infrastructure. Le nombre de capteurs nécessaires limite souvent ce dispositif aux tubes passifs et aux stations de bio-indication. Cependant, il est peut être difficile de réaliser un transect régulier 'théorique' -par exemple avec des capteurs placés à 0, 50, 100, 150, 200 et 300 de part et d'autre de la voie- en raison des contraintes d'accrochage et de positionnement de ces capteurs.

    Cas des 'points isolés'

    Il est possible de réaliser des mesures ponctuelles :
    - en complément des transects
    - pour confirmer d'autres mesures dans le cadre d'une aire d'étude supposée homogène
    - pour renseigner sur d'éventuelles sources ponctuelles (industrie, zone de trafic particulière, ouvrages particuliers…) ou des zones d'expositions particulières (zone à population sensible par exemple) Il est bien entendu souhaitable de coupler les deux approches (transects et points isolés) afin de définir une campagne optimale en coût et en enseignement.

    Parmi les points isolés, on cherchera dans la mesure du possible à disposer d'un point permettant la validation de la campagne de mesure. Par exemple, pour une campagne de mesures par tubes passifs, on cherchera à implanter un tube témoin sur une de station permanente de mesure d'une association agréée de surveillance de la qualité de l'air. Toujours dans le cadre d'une campagne par tubes passif, il est utile de doubler quelques points de mesure encore une fois dans un souci de validation des mesures. Enfin, il est utile de préciser que les tubes passifs doivent être installés à une hauteur de 2 m environ au-dessus du sol en évitant la proximité d'obstacles risquant de perturber la vitesse de circulation de l'air, et donc la mesure. Il est conseillé d'utiliser un système de fixation incluant des boîtiers de protection et éloignant légèrement les tubes de leur support : poteau... ou encore troncs d'arbre ou mobiliers urbains pour les mesures en dehors de la plate-forme aéroportuaire.

    Les camions laboratoires
               

    Le camion laboratoire contient les analyseurs qui vont permettre une analyse automatique et continue de la qualité de l'air au travers de la mesure de divers polluants. La tête de prélèvement d'air est placée sur le toit du véhicule. Un tel laboratoire permet d'effectuer des analyses sur différents sites sur et autour de l'aéroport.

    La mise en place d'un camion laboratoire génère quelques contraintes techniques à prendre en compte :
    - Emplacement minimal nécessaire si possible dans une enceinte sécurisée
    - nécessité d'alimentation électrique
    - Zone plane et stable : Cette condition est d'autant plus importante que le mât météorologique est déployé.
    - mât météorologique déployé à une certaine hauteur (10m)
    - Communication via une ligne téléphonique RTC indépendante ou par un téléphone GSM pour les cas difficiles. (pas de ligne numéris, ni d'autocom)

               


    Les autres types de prélèvement

    les canisters (mesure des COV)

    les canisters sont , au même titre que les tubes passifs, des systèmes de prélèvement temporaires. Aisés à mettre en place, ils ne posent pas de contraintes particulières et ne nécessitent pas d'électricité.

    Les plaquettes de prélèvement

    Ces dispositifs recueillent les poussières présentes dans l'air et qui se déposent sur leur surface horizontale. Tout comme les tubes passifs, elles se positionnent simplement sur des supports, type poteau, sans source d'énergie indispensable.

    Les bio-indicateurs et bio-accumulateurs

    La facilité d'installation ainsi que le faible coût de la mise en œuvre d'un tel moyen de mesure permet une bonne couverture de la zone d'étude et donc l'établissement d'une cartographie de la pollution.
    Il est également possible d'utiliser les plantes déjà en place (par exemple des arbres d'alignement) et des plantes de serre sélectionnées selon le polluant à étudier. Les variations météorologiques et le cycle de la végatation redent l'interprétation des résultats plus difficiles.

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