1 - Nombre de collisions enregistrées de 2001 à 2005

1.1 - Incidents et accidents confondus

1.1.1 - Sources des informations

Les informations sur les collisions oiseaux-aéronefs sont obtenues à partir des différentes sources suivantes :

Graphe A

Hormis une légère baisse en 2001/2003, on remarque sur le graphe A et le tableau 1que les aérodromes fournissent toujours le maximum d’informations sur ces rencontres d’oiseaux surtout en 2005 où ils ont signalé 70 % des incidents.

Malgré la banalisation de l’Air Safety Report (ASR) au sein des compagnies du groupe Air France seules 28 % des collisions ont été signalées par les pilotes en 2005 traduisant peut-être un manque de sensibilisation récente des équipages tout comme les ateliers d’entretien qui ne fournissent plus que 17 % des informations cette année là.

Années
Sources des informations
1977 1994-1995 1996-1997 1998-2000 2001-2002 2003-2004 2005
Aérodromes 22 % 46 % 63 % 66 % 60 % 65 % 70 %
Navigants 81 % 24 % 25 % 42 % 54 % 25 % 28 %
Ateliers d'entretien 4 % 60 % 37 % 8 % 5 % 27 % 17 %
Total 107 % 131 % 125 % 115 % 119 % 117 % 115 %

D’une manière générale, la collecte des informations, est toujours loin d’être optimale puisqu'une fiche relative au même incident peut provenir de trois sources différentes. Le pourcentage total idéal devrait être donc égal à 300% si chaque incident était transmis par les trois sources d'information prévues.

1.1.2 - Évolution du nombre total de rencontres d'oiseaux

Le nombre total de rencontres d'oiseaux enregistrées en France est passé de 3397 pour la période 1996-2000 à 3848 pour la période 2001-2005.

L'augmentation des incidents pour le groupe Air France (AFR), visible sur le tableau 2 provient surtout des ASR de plus en plus remplis par les navigants et transmis par les compagnies aériennes membres du groupe AFR. Cette augmentation du nombre des collisions oiseaux répertoriées, mise en rapport avec des corrections sur les données du trafic Air France, aboutit à des taux de collisions en hausse comme on le constate sur le graphique B. Cette augmentation globale des taux d’incidents est liée aussi à la meilleure collecte des incidents mineurs avec des petites espèces d’oiseaux non enregistrées par le passé comme on le verra plus loin.

Tableau 2 :

Années Incidents autres compagnies Incidents AFR* Incidents sérieux autres compagnies Incidents sérieux AFR* Moteurs endommagés autres compagnies Moteurs endommagés AFR*
1994 581 138 103 16 45 7
1995 653 88 92 11 29 8
1996 709 99 77 9 28 4
1997 453 140 50 11 18 9
1998 465 218 53 24 14 17
1999 544 213 50 20 12 13
2000 432 124 51 12 10 6
2001 441 210 46 23 7 7
2002 449 217 38 20 9 11
2003 449 215 35 19 8 13
2004 633 323 37 21 6 9
2005 628 283 41 18 14 13

* AFR représente le groupe Air France.
Les données inclues dans ce tableau concernent aussi des avions privés et d'Etat recensés dans PICA.

Graphe B

1.1.3 - Évolution du taux d'incidents sérieux

Les incidents sérieux sont ceux qui donnent lieu à des réparations sur les aéronefs, quels que soient les dégâts observés ou des modifications de leur exploitation (accélérations - arrêts, retards supérieurs à 30 minutes, atterrissages de prudence...) Ils sont présentés en annexe 3 pour les années 2000 à 2005. Ces incidents sont de bons indicateurs de la tendance évolutive des risques aviaires, car ils sont bien  collectés depuis de nombreuses années.

Le graphe C montre une stabilisation du taux pour 10 000 mouvements des incidents sérieux particulièrement visibles pour la compagnie AFR à partir de 2001, liée à une bonne connaissance de ces incidents par la banalisation des Air Safety Reports (ASR).

Graphe C

Après une forte diminution de ces incidents sérieux au cours des années 94-95, on constate une stabilisation depuis 1996 autour du 0,5 pour 10 000 mouvements, ce qui constitue un risque faible au-dessous de 1/10000 dans l’échelle de risque présentée en annexe 4 (sources GASR, OACI et ACI).

Le graphe D montre lui aussi une stabilisation du taux de moteurs endommagés entre 2001 et 2005 voisine de 0,2/10 000, un peu supérieur au taux général dû à une meilleure connaissance des évènements du groupe Air France.

Graphe D

1.2 - Accidents et incidents notables

Dans l’aviation commerciale, quatre rencontres d’oiseaux sérieuses et spectaculaires ont été enregistrées au cours de la période 2001/2005 :

Le 24 mars 2001, à Marseille, l’équipage d’un Airbus interrompt le décollage après qu’un des moteur ait ingéré un Goéland d’un kilo à la vitesse de 110 kts. Le moteur est très endommagé (capot, entrée d’air, soufflante…. Des restes d’oiseaux et des débris du réacteur seront récupérés sur la piste.


Le 2 avril 2001 un Boeing 767 d’American Airlines percute des Canards souchets au niveau 140 (4200 m/sol) après avoir décollé de Paris-Charles de Gaulle.

Ces oiseaux d’un kilogramme en migration de printemps, perforent l’avant de l’appareil et pénètrent dans le poste d’équipage, contraignant l’avion dépressurisé à se reposer à Roissy.


Le 21 décembre 2004 un A 320 en approche sur Orly percute une oie à 3000 pieds, vitesse 250 kts : le radôme est détruit et le nez de l’avion très endommagé nécessite un mois de réparation dans les ateliers.


Enfin, le 6 août 2005 un A 340 d’Air Tahiti est contraint de changer un moteur (38 ailettes de soufflante hors service) après avoir avalé des Pigeons ramiers au décollage de Paris CDG.


L’aviation générale est également confrontée au risque aviaire. Ainsi, trois rencontres peuvent être retenues pour démonter la gravité d’un tel événement.

Le 11 mai 2002 un Robin en croisière à 100 kts percute un oiseau qui défonce profondément l’aile gauche de l’avion contraignant le pilote à un atterrissage de prudence. La collecte des restes permettra d’identifier une Buse variable d’un kilogramme.


Le 30 juillet 2003 un planeur (C 2002 biplace) percute un Vautour fauve (7 kg) à 2300 m dans la région de Saint-Girons. La verrière explose et l’élève à l’avant perd connaissance.

L’instructeur en place arrière réussit à reposer l’appareil (l’élève se réveillera à l’hôpital une demi-heure plus tard).


Le 24 août 2003 un Cessna 172 percute en croisière à 100 kts un Goéland brun (1 kg) qui brise la verrière et blesse légèrement le passager à l’avant..


Page mise à jour le 14/1/2010