Parmi les activités humaines susceptibles d'altérer l'environnement, l'aviation mérite une attention particulière.

Elle possède, d'une part, un taux de croissance élevé par rapport aux autres sources anthropiques (augmentation du trafic passager de près de 9% par an entre 1960 et 1990, stabilisé depuis à environ 2% par an).

Elle rejette, d'autre part, ses émissions non pas à la surface terrestre, mais directement dans la région de la tropopause où leur potentiel d'impact sur l'atmosphère se trouve démultiplié.

Le transport aérien, comme toute autre activité, génère une pollution atmosphérique aux échelles locale, régionale et planétaire. Toutes les mesures réalisées autour des aéroports montrent que les concentrations en polluants sont inférieures aux concentrations mesurées au cœur des grandes villes. Une action soutenue est cependant indispensable pour limiter la contribution de l'aviation dans le cadre du développement durable.


Notions générales de pollution atmosphérique

Échelles

Mesurer la pollution atmosphérique et analyser sa nature et sa source est difficile car les pollutions se déplacent et se transforment chimiquement. En effet, les polluants primaires comme les oxydes de carbone, de soufre et d'azote, émis directement dans l'air, sont transportés par les mouvements des masses d'air à des distances variables. Les polluants secondaires, comme l'ozone, sont formés par transformation chimique de certains polluants primaires, pendant leur transport, notamment sous l'action du rayonnement solaire.

On distingue trois échelles de pollution :

  • Locale : cela concerne la qualité de l'air ambiant au voisinage des sources d'émissions dans un rayon de quelques kilomètres ;
  • Régionale : il s'agit, à des distances de quelques kilomètres à un millier de kilomètres, de pollutions de type pluies acides, réactions photochimiques et dégradation de la qualité des eaux ;
  • Globale : il s'agit principalement, au niveau planétaire, de l'appauvrissement de la couche d'ozone et du réchauffement climatique provoqué par l'émission de gaz à effet de serre, principalement le gaz carbonique (CO2).

Impact sur la santé

La pollution de l'air a un impact sur la santé qui dépend du type et de la concentration des différents polluants dans l'air, de la durée d'exposition à ces polluants, de notre morphologie, de notre état général et de notre âge. Ainsi, certaines populations sont plus sensibles: les enfants, les personnes âgées, ainsi que les personnes déjà fragilisées, telles que les insuffisants cardiaques ou respiratoires, les asthmatiques ou les personnes atteintes de bronchites chroniques. Chaque polluant a des effets spécifiques bien identifiés :

Le ministère en charge de la Santé indique que lors d'épisodes de pollution, les polluants peuvent provoquer une réaction inflammatoire au niveau des muqueuses respiratoires et favoriser les symptômes des problèmes respiratoires préexistants. Les symptômes ressentis peuvent alors se traduire par des rhinites, de la toux, voire une crise d'asthme.

À long terme, la pollution chronique favorise la poursuite et l'accroissement de l'inflammation des bronches. Des études épidémiologiques menées aux Etats-Unis montrent un excès de mortalité cardio-respiratoire et par cancer pulmonaire dans les villes les plus polluées par rapport aux moins polluées.

Site internet du Ministère en charge de la Santé

 


Cas de l'aviation

L'impact global de l'aviation civile

À l'échelle globale, l'aviation contribue au réchauffement climatique par l'émission de gaz carbonique (CO2). Les différentes études reconnues au niveau international montrent que l'aviation est à l'origine de 2% des émissions de gaz carbonique tous secteurs confondus et de 13% de celles liées aux activités de transport dans le monde. En France, les émissions de CO2 liées aux vols intérieurs représentent 1% des émissions de gaz à effet de serre tous secteurs confondus et 4% des émissions dues aux transports (GIEC, 1999).

Depuis plusieurs années, la DGAC (Direction générale de l’aviation civile) réalise le calcul des émissions de CO2 imputables à l’activité de l’aviation commerciale en France. La DGAC met à disposition du public un calculateur https://eco-calculateur.dta.aviation-civile.gouv.fr/ qui permet d’estimer les émissions de gaz à effet de serre (CO2e) par passager équivalent pour un ensemble de destinations concernant la France. Il prend en compte les destinations au départ des aéroports français, quelle que soit la compagnie effectuant les vols.

Les émissions des avions et leurs impacts

Les polluants générés par les aéronefs sont produits lors de la combustion du carburant. Dans les conditions idéales d’une combustion, seuls sont émis CO2, H2O, N2, O2 et SO2. Étant donné que le carburant n’est pas un composé « parfait », d’autres produits de combustion (NOx, HC, CO, carbones suies et SOx) sont formés et engendrent une pollution supplémentaire.

 

Répartition des émissions d'aéronefs

 

À l'échelle locale

Les principaux polluants émis autour des aéroports et qui influent localement sur la qualité de l'air sont : les oxydes d'azote NOx (NO + NO2), le monoxyde de carbone (CO), les hydrocarbures imbrûlés (HC), les composés organiques volatils (COV), le dioxyde de soufre (SO2) et les particules.

Ils proviennent des avions eux-mêmes mais également du trafic routier induit autour de l'aéroport et des activités sur la plateforme (assistance en escale, entretien, production d'énergie...).

À l'échelle globale

Les émissions aéronautiques de dioxyde de carbone, de vapeur d'eau, d'oxydes d'azote NOx, d'oxydes de soufre et d'hydrocarbures (particules de carbone suie) ont des effets directs et indirects sur l'atmosphère planétaire.

  • Gaz à effet de serre émis par l'aviation : CO2, H2O (vapeur), ozone (O3), méthane (CH4)
    Le phénomène de l'effet de serre
  • Effet indirect des particules : impact sur la nébulosité (création de traînées de condensation, de cirrus), aérosols

Le tableau ci-dessous récapitule les principaux effets de ces composés sur la troposphère (couche atmosphérique de 0 à 12 km d'altitude en moyenne) et sur la stratosphère (de 12 à 50 km d'altitude en moyenne) :

* Forçage radiatif = perturbation extérieure imposée au bilan du système climatique de la Terre, qui peut conduire à une variation des paramètres climatiques. Le forçage peut être positif (réchauffement) ou négatif (refroidissement). On peut considérer qu'il représente une "mesure" du changement climatique.

Mise à jour le 8 octobre 2019